Votre adversaire obtient un 1–2 et fait une nouvelle porte. Quelques tours plus tôt, ce même 1–2 ne vous avait rien apporté de ce que vous cherchiez. Vous pouvez facilement garder le souvenir de sa chance et de votre malchance.
Pour comprendre pourquoi les mêmes dés peuvent être utiles à un joueur et gênants pour l’autre, regardez où se trouvaient les pions avant le jet.
Donnez le même objectif aux deux positions
Nous avons construit deux positions pour cet exemple. Elles résultent de deux façons légales de jouer le même 3–2 à partir du même plateau. Chaque camp a la même distance à parcourir dans les deux versions.
Pour les comparer, laissez les rouges immobiles et donnez un nouveau jet aux ivoire. L’objectif est précis : faire une porte au point 4 en gardant celles des points 5 et 6. Une porte est un point occupé par au moins deux pions de votre camp, où l’adversaire ne peut donc pas se poser.
Dans la première disposition, les ivoire ont utilisé le 3–2 pour amener un pion de 11 à 6. Il reste quatre pions au point 6 et deux au point 5.
Dans l’autre, ils ont joué de 8 à 5 et de 11 à 9. Les portes des points 5 et 6 ont chacune un pion disponible, avec d’autres pions en soutien.
Jouez maintenant un 1–2
Dans la seconde position, jouez de 5 à 4 avec l’as et de 6 à 4 avec le deux. La porte du point 4 est faite et il reste deux pions sur chacune des deux autres.
Essayez dans la première position. Jouer de 5 à 4 ne laisserait qu’un pion au point 5. Vous pouvez faire la nouvelle porte, mais pas garder les deux anciennes avec ce jet.
Les dés ont donné exactement le même résultat, mais les pions disponibles ont fait la différence.
Donnez les mêmes dés aux deux positions
Le but est de faire une porte au point 4 en gardant celles des points 5 et 6. Choisissez un jet et déroulez un exemple. Les deux dispositions suivent des séquences légales du même 3–2.
5 jets sur 36 permettent de faire la porte au point 4 et de garder celles des points 5 et 6 (13,9 %).
Une façon de jouer le 3–2.
Les ivoire vont vers le point 1, les rouges vers le point 24. La numérotation est celle des ivoire.
Lire la position
Ivoire, point : nombre de pions. 5: 2, 6: 4, 8: 3, 13: 4, 24: 2. Rouge : 1: 2, 12: 4, 17: 3, 19: 4, 20: 2. À la barre : ivoire 0, rouge 0. Sortis : ivoire 0, rouge 0.
Les jets colorés permettent d’atteindre ce but précis. Les autres peuvent avoir d’autres usages. Le cercle en pointillés indique le point 4.
Comptez toutes les possibilités
Choisir un seul jet favorable pourrait donner une impression trompeuse. L’exemple vérifie donc les 36 possibilités.
Dans la disposition empilée, 5 jets sur 36 permettent de remplir les trois conditions. Dans l’autre, 15 sur 36 le permettent, soit environ 13,9 % contre 41,7 %.
Ce sont les probabilités d’atteindre notre objectif précis, pas celles de gagner la partie. D’autres jets peuvent offrir une frappe, une fuite ou un déplacement utile ailleurs.
Explorez aussi les cases non colorées : la seconde disposition donne davantage de possibilités au total, sans améliorer tous les jets.
Préparez plusieurs jets utiles
Un pion placé derrière les points où vous souhaitez faire des portes est souvent appelé un constructeur. Des constructeurs à différentes distances peuvent donner plusieurs combinaisons utiles. Un pion disponible permet aussi de bouger sans abandonner aussitôt la porte dont il vient.
Avant de valider un coup, imaginez quelques jets ordinaires pour le tour suivant. Plusieurs permettraient-ils de faire une porte, couvrir un pion exposé ou libérer un pion arrière, ou faudrait-il une combinaison précise ?
Une bonne disposition peut donner l’air chanceux à un jet ordinaire. Il faut toujours les dés, mais vous pouvez leur préparer davantage d’occasions de vous aider.
La souplesse, les constructeurs et la diversification sont des notions classiques du backgammon. Kit Woolsey explique l’objectif de préparer davantage de jets utiles au début de son article sur la duplication, qui a nourri cette réflexion. Les deux positions, l’objectif précis et l’expérience jet par jet ont été créés pour CUBE Backgammon.
Ce que mesurent les pourcentages
Pour chaque jet, nous examinons toutes les séquences légales complètes. Le jet convient si au moins une séquence laisse deux pions ivoire ou plus sur chacun des points 4, 5 et 6. Les doubles donnent quatre déplacements et les obligations habituelles sur les dés s’appliquent. Le 3–2 précédent utilise cinq pips dans les deux versions et la position adverse ne change pas. Cet objectif limité ne permet pas d’affirmer qu’une position complète est meilleure ni d’estimer les chances de gagner.